Quand les frères et sœurs d’une même famille ne se parlent pas.
Le silence entre frères et sœurs est rarement un choix libre ; c’est une stratégie de survie émotionnelle.
Dans beaucoup de familles, les parents, parfois sans le vouloir, créent des dynamiques de rivalité : l’enfant préféré, l’enfant rejeté, l’enfant responsable, l’enfant invisible. Ces rôles marquent profondément l’identité. En grandissant, chacun continue à réagir non pas à la réalité présente, mais à la mémoire émotionnelle du passé. On ne parle plus à son frère ou à sa sœur parce qu’on continue à se défendre contre ce qu’on a vécu avec lui ou avec elle autrefois.
Il y a aussi le poids des non-dits. Les humiliations, les injustices, les abus verbaux ou physiques qui n’ont jamais été reconnus créent une fracture intérieure. Tant que la vérité n’est pas nommée, la relation devient impossible. Le pardon ne peut pas être exigé sans reconnaissance du mal. Se taire devient alors une manière de poser une limite, parfois la seule possible.
Enfin, il faut être vrai : toutes les ruptures fraternelles ne sont pas pathologiques. Parfois, la distance est nécessaire pour protéger sa santé mentale. Se réconcilier n’est pas toujours synonyme de se soumettre ou de nier la réalité. La vraie guérison commence par un travail intérieur : comprendre son histoire, identifier ses blessures, se libérer de la culpabilité et choisir consciemment ce que l’on veut réparer ou non.
KABEYA - Institut de la Mémoire
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