Eloigne-toi lentement, lentement, sans larmes ;
n'oublie rien !
Emporte ta santé, ta gaîté, ta coquetterie, le peu
de bonté et de justice qui t'a rendu la vie moins
amère ; n'oublie pas ! Va-t'en-parée, va-t'en
douce, et ne t'arrête pas le long de la route
irrésistible, tu l'essaierais en vain !
Suis le chemin, et ne t'y couche que pour mourir.
Et quand tu t'étendras en travers du vertigineux
ruban ondulé, si la poudre éternelle n'a pas, avant
ta dernière heure, sevré tes yeux de la lumière
merveilleuse, si tu as, jusqu'au bout, gardé dans
ta main la main amie qui te guide, couche toi en
souriant, dors heureuse, dors privilégiée...
(Les Vrilles de la vigne) Colette
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