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Par MadameB le 04/10/2026 |
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De l’identification à Ça, à la liberté. |
On est pris dans cette histoire du personnage et on la croit si réelle qu’on rétrécit ce que nous sommes véritablement. C’est comme si on prenait toute cette grandeur de notre Être et qu’on voulait faire rentrer ça dans un personnage tellement identifié à ce qu’il croit être. Quel que soit notre rôle, c’est cela qui est assez fascinant, on n’a pas besoin d’avoir un rôle particulier pour se sentir comme ça. |
Quelle que soit notre vie, le personnage qu’on joue est notre rôle principal, c’est le plus important qui soit. Alors, quand on s’est identifié avec ça depuis des années, c’est normal que cela ait pris de la force. On en arrive même à croire qu’on est ça, même si ce personnage n’est pas ce (celui) qu’on voudrait être. |
Je vous propose de voir ça avec énormément de bienveillance. |
Est-ce que vous pourriez là, à l’instant, vous demander : |
C’est intéressant… Parce que, le Vivant, c’est beaucoup plus vaste que ça. |
On est tellement plus que ce qu’on croit être. |
Quand je dis « plus » ce n’est pas un système d’échelle de valeurs. On est « autre »! On est toute cette panoplie énorme, plutôt que de jouer dans un rayon (limité) de cette panoplie, une parcelle de ce que nous sommes dans toute notre vastitude. |
Même dans des choses qu’on pourrait qualifier de négatives, plus lourdes ou des identifications à des évènements traumatisants que nous avons vécus, des peurs… on a joué ce rôle là, on s’est tellement identifié à ça – et on s’est fait identifier à ça par notre environnement – que c’est comme si on n’arrivait plus à se vivre et se connaître, se reconnaître au-delà de ça. |
Tant que cette identification reste, presque comme un sceau d’approbation – et malgré qu’on voit qu’on n’est plus cela – il y a cet attachement au personnage que nous avons été. |
Même si ce n’est pas ce qu’on veut ni ce qu’on aime, cet attachement au personnage est si fort – et j’oserais même dire cette fidélité au personnage est telle – que c’est comme si on avait de la peine à quitter ça. Comme si on allait s’abandonner soi-même. |
Abandonner cette idée qu’on a de nous-mêmes pour être libre. |
C’est intéressant. Je vous invite juste à voir ce que cela fait en vous quand vous entendez ça? |
Y a-t-il ce personnage qui a été aimé, entretenu ou détesté carrément, mais tellement identifié à ça que c’est comme si, nous-mêmes, on continuait de se percevoir, de se vivre et d’être comme ça. Tout a changé mais l’habitude est restée. |
Cela demande un très grand ajustement. |
L’invitation, la réponse à toutes les questions, c’est toujours « Revenir Ici, à la maison », se poser là. Là où Ça ne veut plus rien… |
En fait, il n’y a rien à lâcher parce que quand je reviens Ici-Maintenant, dans cette seule réalité qui Soit, Ici… tout ce qui n’est pas Ça, me quitte. |
C’est ce qu’on appelle aussi « prendre de la Hauteur ». |
Lorsque je reviens dans cette Conscience de Ce que je suis véritablement, TOUT ce qui n’est pas ÇA me quitte. Je n’ai rien à faire pour que ça me quitte, ça me quitte. Ça n’existe plus. |
Lorsque je suis dans ÇA, instantanément tout ce qui n’est pas Cela quitte. |
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© Ginette Forget | ginetteforget.com |
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Depuis quelque temps, je m’interroge sur la légitimité de vouloir donner un sens à ma vie, car comme le décrit si bien Christiane Singer : « La vie n’a pas de sens, ni sens interdit, ni sens obligatoire. Et si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle va dans tous les sens et déborde de sens, inonde tout. Elle fait mal aussi longtemps qu’on veut lui imposer un sens, la tordre dans une direction ou dans une autre. Si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle est le sens. »¹ |
Or, en osant plonger dans les profondeurs de ma sagesse innée, j’ai découvert que chercher un sens à ma vie n’était pas une quête philosophique : c’était une énième stratégie de survie. Une manière de rendre l’inacceptable traversable, de donner un contour à la douleur qui m’habitait, de rester en lien avec moi-même malgré la violence des ressentis qui jalonnaient ma route. |
Cette plongée m’a permis de voir que je crois profondément — et même viscéralement — qu’il me faut trouver un sens pour survivre à l’invivable. Que donner un sens à mon expérience humaine n’est autre qu’un amortisseur, un fil d’Ariane, une manière de tenir debout dans la nuit. Plus encore : cette croyance me protège. Elle me permet d’affronter des mémoires qui dépassent l’entendement humain; elle donne une forme à l’informe, une cohérence à ce qui menace mon intégrité. |
Mais, sans trop comprendre pourquoi, quelque chose a commencé à se fissurer. Non pas une rupture, mais un glissement, une mue silencieuse. Cette quête de sens, autrefois vitale, s’est, tout à coup, mise à peser. Elle est devenue une cage subtile, une exigence qui ne correspondait plus à mon état intérieur. C’est comme si je ne pouvais plus continuer à vivre en demandant à la vie de se justifier pour que je puisse la traverser. |
Depuis, je sens que je suis aux balbutiements d’un deuil : le deuil de la quête elle-même… et ce nouveau paradigme m’indispose. Mais pour l’avoir expérimenter, je sais que dépasser mes appréhensions me mène vers la grâce d’une compréhension profonde, une incursion salvatrice qui me permet de réaliser que ce deuil n’est pas un renoncement au sens. C’est plutôt un renoncement à l’obligation du sens. À la croyance que la vie doit être intelligible pour être vivable. À l’idée que je dois comprendre pour accepter, libérer, respirer. |
Depuis, une part de moi veut se défaire de l’ancien pacte : celui qui disait que le sens était la condition de mon existence. |
Comme toute prise de conscience, celle-ci provoque multiples bouleversements émotionnels, de nouvelles vagues émergent, des barrages s’effondrent. Une autre forme d’allégeance apparaît, plus simple, plus nue, plus vraie. Je découvre que je n’ai plus vraiment besoin de trouver un sens pour vivre, pour libérer, pour accepter. Je découvre que mon allégeance n’est plus envers le sens, mais envers l’incarnation, envers l’expérience humaine qui m’est proposée de vivre. |
Cette plongée me permet de saisir que l’incarnation n’exige pas d’explication. Elle ne demande qu’une présence. Elle ne réclame pas de cohérence. Elle réclame un consentement. Elle ne cherche pas à ordonner l’expérience. Elle cherche à l’habiter. Ce déploiement ne me semble pas une fuite hors de l’expérience elle-même, mais plutôt une entrée plus profonde dans l’acceptation de cette réalité qui est mienne. |
Depuis quelques années déjà, j’ai cessé de diaboliser l’ego et d’encenser l’âme ; j’ai choisi de dépolariser le débat. Cette position, à contre‑courant du narratif ambiant, m’offre aujourd’hui la liberté de voir que cette « voie bilatérale » est simplement complémentaire. Que dans un scénario sain et équilibré, l’ego cherche un sens quand il en a besoin et l’âme habite l’expérience quand elle en a envie. Qu’entre les deux, la conscience navigue, libre, souple, réconciliée. |
Toute vérité réside dans la simplicité… la mienne, la leur, la vôtre. Une simplicité qui semble irréelle dans un monde où le contrôle prime sur toute action. Mais la vérité ouvre, déploie… il suffit d’être plutôt que de faire, de vivre plutôt que de survivre, d’être témoin de l’existence d’une complicité authentique entre l’ego et l’âme. Autoriser chaque part à prendre sa place. Laisser la vie circuler sans chercher à justifier. Laisser le sens émerger quand il veut, et se taire quand il doit. |
Vivre et laisser vivre : c’est peut-être cela, l’allégeance à l’incarnation. |
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© Andree Boulay | |
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