mardi 16 décembre 2025

La dépendance affective :

 







La dépendance affective : chercher dans l’autre ce que l’on ne trouve pas en soi
La dépendance affective n’est pas un défaut. C’est une stratégie de survie émotionnelle. Elle naît lorsque l’on a appris très tôt que l’amour vient de l’extérieur, jamais de l’intérieur.
Alors, on s’accroche. On accepte trop. On pardonne trop. On espère que l’autre nous donnera enfin ce que l’on n’a jamais reçu : la preuve que l’on vaut quelque chose.
Dans ce mouvement, la relation toxique devient un piège : elle nourrit le manque qu’elle crée elle-même.
Sortir de la dépendance affective ne commence pas par quitter l’autre.
Cela commence par se rencontrer soi.
Quand l’amour a manqué, l’intérieur reste affamé.
Et tant que ce vide n’est pas reconnu, il cherche à être comblé ailleurs : dans le regard, l’attention, la présence, la validation de l’autre.
L’autre devient alors une source… au lieu d’être un lien.
La première clé consiste à changer la direction de l’amour.
Passer de : « J’ai besoin que tu me rassures »
à : « Qu’est-ce qui, en moi, a besoin d’être rassuré maintenant ? »
Ce déplacement est fondamental.
Apprendre à nourrir son intérieur, c’est commencer à répondre soi-même à ce qui a été trop longtemps ignoré :
reconnaître ses émotions au lieu de les étouffer,
écouter ses besoins au lieu de les négocier,
se parler avec respect là où l’on s’est longtemps violenté.
Cela implique de devenir son propre bon parent.
Celui qui sécurise quand la peur de l’abandon s’active.
Celui qui ne menace pas de retrait d’amour.
Celui qui reste présent, même quand l’autre s’éloigne.
Une autre clé essentielle est d’apprendre à supporter le manque sans se dissoudre dedans.
Dans la dépendance affective, le manque est vécu comme une urgence vitale.
Apprendre à rester avec lui — sans appeler, sans supplier, sans se trahir — permet peu à peu de découvrir quelque chose d’inédit :
le manque n’est pas mortel.
Il est inconfortable, mais traversable.
C’est aussi là que se construit l’auto-sécurité.
Prendre soin de soi en priorité devient alors un acte de réparation :
poser des limites même quand on a peur de perdre,
se retirer quand la relation blesse au lieu d’insister,
choisir des espaces, des pratiques, des relations qui nourrissent réellement.
À mesure que l’intérieur se remplit, la dépendance perd sa fonction.
On ne cherche plus quelqu’un pour se sauver,
mais quelqu’un avec qui partager.
Et l’amour change de nature.
Il ne sert plus à combler un vide,
il circule entre deux êtres déjà présents à eux-mêmes.


Christophe Desbonnetⓒ
Vivre vrai, c’est possible.
De la survie à la vie.
https://www.christophedesbonnet.com/




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