La Bastide, un village façonné par la pierre et le fer
Perché dans les Hautes Aspres, le petit village de La Bastide s’inscrit dans une histoire très ancienne. Comme une grande partie du massif, le territoire fut probablement fréquenté dès le Néolithique. Dolmens et menhirs témoignent de cette présence humaine précoce dans les environs, même si aucun monument mégalithique n’est directement visible sur la commune.
Au fil des siècles, les Ibéro-Ligures, les Celtes puis les Romains occupent la région. Pourtant, La Bastide ne conserve aucun vestige matériel de ces périodes. Il faut attendre 811, avec l’arrivée des Carolingiens, pour voir se structurer le territoire sous le régime féodal. Au XIe siècle, la puissante vicomté de Castelnou étend son influence sur les Hautes Aspres et le Vallespir : La Bastide passe alors sous sa domination.
Une église romane dédiée à saint Michel est édifiée au XIIe siècle et devient l’église paroissiale du village. Un retable viendra l’enrichir au XVIIIe siècle. Plus tard, au XVe siècle, un château est construit. C’est sans doute de là que vient le nom du village : une bastide, c’est-à-dire un petit lieu fortifié.
Mais La Bastide est surtout marquée par une activité essentielle : l’extraction du minerai de fer
. Les flancs du Canigou, riches en minerai, attirent pendant des siècles mineurs et ouvriers. À l’époque industrielle, les mines des Menerots se modernisent, avant de fermer définitivement dans les années 1960, comme beaucoup d’autres dans la région.
Aujourd’hui, La Bastide est un village discret, où chaque pierre rappelle un passé rude, minier et profondément enraciné dans la montagne.

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